14.02.2008
Le temps des amours
À Athènes, déjà, la mi-février coïncidait avec la fin du mois de Gamélion, le mois des mariages, en l’honneur de l’union de Zeus et de Héra… ce qui pourrait bien expliquer pourquoi Nicolas Sarkozy et Carla Bruni ont choisi février pour se marier.

À Rome, le 15 février était consacré à Lupercus, dieu de la fertilité. Ses prêtres sacrifiaient des chèvres, picolaient comme des Russes, couraient dans les rues de Rome à moitié nus et touchaient les passantes avec des morceaux de peau de chèvre, ce qui était censé les rendre fertiles et favoriser leur accouchement.
C’était les Lupercales.

Aujourd’hui, le prince président sacrifie David Martinon sur l’autel de la ville de Neuilly, boit la tasse dans les sondages, court dans tous les sens et touche la ménagère de moins de cinquante ans avec le bracelet de sa Rollex, dans l’espoir que ce geste thaumaturge favorise son pouvoir d’achat et accouche de meilleurs augures pour les élections.
C’est les Municipales.

Là-dessus, au IIIe siècle, un prêtre prénommé Valentin se fait remarquer par le pouvoir impérial, ce qui lui vaut de finir sous les palmes du martyre et les cippes de la via Flaminia. D’aucuns murmurent qu’au moment de lâcher les lions, l’empereur lui aurait dit : « Si tu reviens sur tes conneries, j’annule tout ». Peine perdue.
On le voit bien : la mi-février est la période faste des amours, profanes ou sacrées, d’où les mille et une fariboles galantes qui ont envahi notre civilisation avide d’opérations romantico-commerciales.
Une chose néanmoins vaut que l’on s’intéresse à cette Saint-Valentin 2008 : la formidable déclaration d’amour de Valentine (une p'tite jeune qui n'en veut), à Philippe Collin (le Lupercus de la Panique au Mangin Palace).
Dernier jour pour cliquer ici !
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02.02.2008
Madame Royale
« Avec Carla, c'est du sérieux ! » clamait Nicolas Sarkozy début janvier, avec l’élégance d’un jeune de banlieue faisant comprendre à ses potes qu’il avait ferré la belle de la cité et que ça devenait bon. Oncques n’ouït-on sous-entendus plus douteux, mais cela n’étonna guère tant la France était désormais habituée à l’inélégance de son nouveau prince.Se piquant au jeu des pronostics et des révélations attendues sur la date de son mariage avec Carla Bruni, Nicolas Sarkozy prit bien soin d’entretenir mystères et fantasmes médiatiques en affirmant : « Il y a de fortes chances pour que vous l'appreniez quand ce sera déjà fait ».
D’emblée, une question se pose : y a-t-il seulement une chapelle à l’Élysée ? La réponse tombe comme un couperet : pas besoin de chapelle, seul le mariage civil étant possible. Nicolas Sarkozy ne saurait jamais remercier assez Mai-68, dont les acquis lui permettent de laisser libre cours à sa liberté individuelle et à ses plaisirs dont la chronique est devenue un marronnier journalistique.
Étrangement, ce mariage peut en rappeler un autre, celui de Louis XIV et de Françoise d’Aubigné, veuve Scarron, plus connue sous le nom de madame de Maintenon. Après la mort de la reine, « le plus grand roi du monde » (dixit Louvois), profondément épris de l’ancienne gouvernante de ses enfants illégitimes avec madame de Montespan, l’épousa dans le plus grand secret, à Versailles, dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683.
Deux princes et deux contextes fort différents, c’est certain. Louis XIV avait une grande culture, un sens de l’élégance et du pouvoir qui lui permettaient d’intégrer sa vie privée en relative cohérence avec le sens de l’État.
On n’en saurait dire autant de notre prince actuel. Si les circonstances se ressemblent, les protagonistes et les ficelles de ces deux mariages n’ont rien de commun.
Curieusement, ce mariage élyséen n’aura pas attendu une forte crise sociale ou politique, contredisant en cela une habitude assez récente mais désormais bien ancrée depuis l’annonce du divorce présidentiel un jour de grande grève et la présentation officieuse de la nouvelle favorite, au château de Disneyland, à l’issue du désastre politique qu’a été pour Nicolas Sarkozy la visite officielle du colonel Kadhafi.
Sans doute Nicolas aura-t-il été impatient de conclure au plus vite, voire de consommer sa tendre union avec la belle Carla, pour peu qu’il ait été sensible aux bons conseils de son nouvel ami Benoît XVI.
Mai-68, hélas, trois fois hélas, n’a pas encore vaincu les préceptes moraux de l’Église, dût le prince en être contrarié.
Mais comme il est bien difficile d’imaginer ledit prince ne pas mettre à profit un tel événement en matière de communication, peut-être s’est-il agi de faire taire quelques bruits ou rumeurs assez embarrassants.
Par exemple, cette vidéo exhumée récemment de l’oubli, montrant Carla Bruni déclarer qu’elle « aime les hommes de pouvoir » sur un ton très "croqueuse" ; ou bien l’affaire Ryanair ; les livres sur Cécilia ? voire les grincements de dents autour de la sortie du nouvel album de la chanteuse, qui aurait composé une chanson présentant son amant comme une drogue dure de laquelle elle serait complètement dépendante : amusant ridicule qui est l’un des fleurons de la nébuleuse de rumeurs autour de cet album, dont la date de sortie est presque devenue une affaire d’État. Certains vont jusqu’à prétendre qu’un studio d’enregistrement serait aménagé à l’intérieur du palais de l’Élysée… Ineptie qui, normalement (et souhaitons-le !), relève des caquets de concierge, mais il faut bien dire qu’avec Nicolas Sarkozy, le doute est toujours permis.
Il nous avait prévenu : « tout est possible ». Hélas.
En attendant l’annonce de la première échographie, puis des premiers pas du petit, enfin de la séparation et, bien sûr, du divorce, glissons dans leur corbeille de mariage ce précepte de Louis XIV : « Nous ne sommes pas comme le particulier, nous nous devons tout entier au public ».
15:45 Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : France, Politique, Sarkozy, Bruni, Mai 68, Louis XIV, Histoire
02.01.2008
Janvier
Un brin de réflexion suffit à prendre conscience de l’absurdité profonde de ce rite étrange.
En effet, faire la bringue pour 2008, n’est-ce pas accorder d’injustes faveurs au temps qui passe ?
N’est-ce pas assassiner Lamartine qui, conscient que l’avenir n’apporte que des ennuis, demande au temps de suspendre son vol ? N’est-ce pas flatter naïvement toutes ces heures qui nous blessent et, pire encore, l’ultime, qui nous enterrera tous ?
C’est imparable : plus le temps passe, plus nous nous rapprochons de notre propre mort, qui rira la dernière, mais bien.
Ensuite, force est de constater qu’avec le temps, les multiples emmerdements qui pèsent sur nos fatals destins s’aggravent inéluctablement :
- réchauffement climatique (vous rendez- vous compte que la banquise est en train de fondre ?),
- crise financière des crédits hypothécaires américains (Jacques Attali annonce un krach comparable à celui de 1929),
- délocalisations des industries et des services (on ne trouve plus de chaussettes de qualité),
- poursuite de la présidence de Nicolas Sarkozy (autrement dit, recul de la civilisation et renaissance du darwinisme social),
- amincissement d’Ingrid Bétancourt (au point de bientôt faire passer Kate Moss pour une diva dodue)...
...sans parler du scandaleux maintien de Stéphane Bern sur les ondes de France Inter…
L’affreuse certitude que ce crasse galapiat va continuer de nous les briser menu ne fait-elle pas de 2008 une annus horribilis de trop ? Ne risque-t-elle pas de pousser l’honnête homme (de bon goût) au crime ?
Oui, chères lectrices, chers lecteurs, le monde n’est qu’une vallée de larmes, tout fout l’camp et il apparaît de plus en plus évident qu’à tous points de vue, c’était mieux avant.
Enfin, le début de l’année n’est qu’une affaire de convention.
Il a varié avec les époques et les peuples.
Certes, on peut noter que les Anglais, qui ne font jamais rien comme tout le monde, ont célébré la nouvelle année le 25 mars, jusqu’en 1751. On pourrait se demander pourquoi, mais les Anglais prennent toujours un malin plaisir à brouiller le sens commun : inutile, donc, de s’attarder sur leurs excentricités, ce serait leur accorder bien trop d’importance.
En France aussi, il y a eu bien des changements.
Du Moyen Âge au début des Temps Modernes, on a fêté l’an nouveau le 1er janvier, le 1er mars, à Noël, à Pâques, et même le 25 mars, comme les Anglais – c’est dire si on est con, en France, parfois, et pas seulement de nos jours. C'est Charles IX qui, au XVIe siècle, a définitivement rétabli le 1er janvier comme date du début de l'année.
Remontons aux sources de notre culture et rendons à César ce qui lui appartient, puisqu'il est le premier à avoir imaginé notre actuel calendrier.
Il faut dire que ses prédécesseurs, s’ils surent faire preuve d’une charmante fantaisie, ne brillèrent guère par le sens pratique.
L’année civile romaine, bricolée par Romulus, ne comptait que 304 jours partagés en dix mois, de mars à décembre. Janvier et février furent ajoutés en fin de course et comme bouche-trou pour que l’année civile correspondît peu ou prou à l’année solaire. Du coup, l’année commençait le jour des calendes de mars, se terminait officiellement en décembre et pratiquement en février. Noël tombait en février et les soldes en septembre. N’importe quoi, vraiment !
Jules César, en 66 après lui-même, au sortir d’une crise d’épilepsie, pique une grosse colère contre ce fichu bordel et charge son pote Sosigène d'Alexandrie de mettre au point un beau calendrier tout neuf.
[Jules César] régla l'année sur le cours du soleil, et la composa de trois cent soixante-cinq jours, en supprimant le mois intercalaire, et en augmentant d'un jour chaque quatrième année. Pour que ce nouvel ordre de choses pût commencer avec les calendes de janvier de l'année suivante, il ajouta deux autres mois supplémentaires, entre novembre et décembre, à celle où se fut cette réforme; et elle fut ainsi de quinze mois, avec l'ancien mois intercalaire, qui, selon l'usage, s'était présenté cette année-là.
Suétone, Vie des douze Césars.
En gros, l’année comporte désormais 365 jours divisés en 12 mois et commence le 1er janvier. Finaud, Jules introduit également les années
Mais le véritable coup de génie du paganisme, c’est l’intronisation de janvier, mois de Janus, comme premier mois de l’année.
Car Janus n’est pas un dieu comme les autres…
Janus, parfois assimilé au pré-dieu Chaos, bénéficie d’une primauté protocolaire à nulle autre pareille. C’est lui que l’on se doit d’honorer en premier, avant tous les autres dieux, même Jupiter, qui est pourtant, en principe, le grand chef.
De quoi rendre jaloux Sarkozius, le crypto-dieu bien connu de l’Élysée.
En sa qualité de dieu présidant à l'origine des choses, Janus se confond avec le dieu Soleil – Phoebus ou Apollon, c’est comme vous le sentez – et préside au mouvement annuel de l’astre qui, justement, commence à reprendre un peu de vigueur après le solstice d’hiver : les jours sont en effet bien courts, vu que les nuits sont si longues.
Mais surtout, depuis que Saturne lui a offert le don de la « double science », à savoir la connaissance du passé et de l’avenir, Janus est le dieu des passages, des changements et des commencements.
Avec son double visage – une face tournée vers l'arrière et l'autre vers l'avant -, il est le dieu du passage entre l’année finissante et l’année nouvelle.
C’est le dieu des portes : aussi est-il particulièrement honoré par les portiers, les concierges (ou, à défaut, les digicodes), les serruriers, et aussi par le célèbre petit groom vêtu de rouge de chez Maxim qui, selon Alphonse Allais, était si petit et si rouge que les clients du restaurant, étourdis par les libations du réveillon, cherchaient parfois à l’attraper pour lui arracher une patte, le prenant pour une écrevisse évadée du plateau de fruits de mer. Le pauvre ne devait alors sa survie qu’à sa promptitude à prendre la porte.
Revenons à nos Romains, car ce sont eux, les coupables initiateurs de cette stupide habitude de se réjouir bêtement du temps qui passe.
Avec le nouveau Nouvel An instauré par César, les Romains se mettent à offrir à Janus un janual, savoureux petit gâteau tout plein de dattes, de figues et de miel. Ils commencent aussi à rendre visite à leurs proches, à leur adresser des vœux ou de petits présents.
Pourquoi des petits présents ?
C’est tout bête : dès les origines de Rome, on considérait déjà de bon augure d’offrir au début de chaque année (le 1er mars, faut suivre) quelques branches coupées dans un bois consacré à Strenia ; coutume vite institutionnalisée sous le nom de Streniae, à l’origine de nos étrennes.
Pour finir, les conseils pratiques du mois.
- Profitez de la douce poésie du givre qui fait briller la campagne de mille reflets argentés pour adresser vos vœux à votre percepteur.
- Pour cueillir le gui, préférez un sécateur à la traditionnelle serpe d’or : c’est plus pratique et moins cher ; de même, cueillez-le en chantant non pas de vieilles mélopées celtes, mais Viens, poupoule de Félix Mayol. C’est plus entraînant.
- Si vous êtes barbu, rappelez-vous que c’est en janvier que Landru brûla sa dernière victime et rasez-vous de près.
- Si, avec le froid, vous vous sentez les jambes lourdes, coupez-les. N'oubliez pas la cautérisation.
- Soyez joyeux le 14, car c’est la Saint-Félix, mais prenez un air studieux le 28, jour de la Saint-Charlemagne.
- Profitez des longues et lugubres soirées d’hiver pour relire Baudelaire, votre sentiment de dépression n’en sera que plus réel.
- Évitez soigneusement de faire des jeux de mots douteux avec Janus. C’est idiot et de mauvais goût.
- Scannez votre disque dur, on ne sait jamais ce qui s’y trouve. Videz la poubelle et époussetez le ventilateur.
19:15 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : 2008, Sarkozy, Bétancourt, Bern, César, Baudelaire
28.12.2007
La trêve des confiseurs
C’est l’hiver.
Colonnes de brume, divisions de froidure et raids de verglas envahissent notre doulce France sans vergogne, comme naguère les troupes allemandes se moquant de la ligne Maginot et perçant celle, bleue de frayeur, des Vosges. C’est le général Hiver.
C’est la guerre.
Dieu merci, le Sauveur vient de naître, 2007e édition !
Il fallait bien cela pour nous distraire de nos tourments, pour nous livrer corps et âmes (du moins ce qu’il en reste) aux traditionnelles ripailles de fin d’année.
Ainsi, Noël réunit tous les membres de la famille autour d’une bonne grosse dinde sertie de marrons.
On notera que celle-ci goûte généralement assez peu cet acte de convivialité, ce qui trahit son incurable indignité : la dinde rechigne à se sacrifier pour notre bien-être et sa méfiance envers les marrons frise le racisme primaire. Sale bête.
Tandis que nous, peut-être parce que nous sommes des êtres supérieurs (à l’oie, notamment), nous rions devant la farce et surtout, guerre ou pas, pouvoir d’achat ou pas, nous pouvons enfin, totalement décomplexés, nous bâfrer de surimi de canard et nous ruiner en cadeaux dont les plus inutiles seront bien vite revendus sur ebay afin de financer nos imminentes franchises médicales.
C’est le début du bonheur.
Puis vient la nuit de saint Sylvestre. Qui connaît encore, dans son entourage, un Sylvestre ? Presque personne. Peu importe : on le fête avec moult amis et goinfreries, accompagnés de cotillons et de vin blanc qui pique.
À minuit, on franchit dans la joie et la frivolité la porte de Janus : c’est la bonne année.
On le voit bien : de Noël à Nouvel An, la période est primesautière. Oubliés les ennuis ! Ils reviendront bien assez tôt. On se roule dans le houx et le gui, dans le gras et le sucré.
C’est la trêve des confiseurs.
Quelle drôle d’expression ! Dérivée de l’ancien haut allemand triwa, qui signifie sécurité, la trêve est une cessation temporaire des hostilités et, par extension, de toutes sortes d’activités.Faut-il comprendre que les confiseurs, au moment où la horde sauvage des consommateurs ne demande qu’à se goinfrer de sucreries, n’aspirent qu’à la glandouille, rêvent à l’oisiveté la plus éhontée ?
Sous Sarkozy, en plus ?
Bien sûr que non. Pendant la trêve des confiseurs, ce sont les autres qui s’arrêtent ! Il s’arrêtent pour avoir le temps de se précipiter, justement, chez les confiseurs, qui, du coup, bossent comme des bêtes, vendent chocolats et marrons glacés par brouettes entières, s’en mettent plein les fouilles pour trois mois.
C’est ça, la winner-attitude.
Cette extraordinaire semaine commerciale n’est certes pas prévue par les Évangiles, peu soucieuses, d’ailleurs, des questions économiques. L’Église n’a pas le sens des réalités communes !
La seule trêve qu’elle ait jamais soutenue est la Trêve de Dieu, promulguée au XIe siècle pour tenir la dragée haute à la noblesse féodale en lui interdisant toute baston entre le mercredi soir et le lundi matin. Sans grand succès. Forcément, demander à un seigneur de ne pas guerroyer, c’est un peu comme si l’on demandait à un cycliste de ne pas pédaler. Et puis quelle idée saugrenue de vouloir imposer une semaine de trois jours ! Les trente-cinq heures, à côté, c’est l’esclavagisme, le rêve érotique du MEDEF.
La trêve des confiseurs serait apparue en 1874.
La France peine alors à se relever de la guerre de 1870 et de la Commune de 1871. La IIIe République naissante voit républicains, bonapartistes, monarchistes et révolutionnaires s’étriper comme des chiffonniers. Ces troubles politiques sont tels que le commerce, eh bien y va pas bien du tout, ma bonne dame. Le Parlement décide soudain d’interrompre toute querelle politique pendant les fêtes de fin d’années, histoire de ne plus casser les bonbons des honnêtes travailleurs. Le duc de Broglie raconte dans ses mémoires :
« On convint de laisser écouler le mois de décembre, pour ne pas troubler par nos débats la reprise d'affaires commerciales qui, à Paris et dans les grandes villes, précède toujours le jour de l'an. (…) On rit un peu de cet armistice, les mauvais plaisants l'appelèrent la trêve des confiseurs. »
Les consoles Nintendo étant peu prisées à cette époque, ce sont en effet les marchands de confiseries qui profitent le plus de cette mesure.
Le plus beau de l’histoire, c’est que dans un contexte économique réellement difficile, cette trêve des confiseurs, mesure d’apparence bien dérisoire, semble avoir eu un réel impact économique, à Paris comme en province. Peace and business make tip top power d'achat.
Avec cette relance de l’économie par la consommation, la IIIe République aurait expérimenté le keynésianisme comme monsieur Jourdain la prose, c'est-à-dire sans le savoir… près de soixante ans avant que l’idée soit formulée par l’économiste anglais.
Amusant, non ?
21:23 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Langue française, France, Hiver, Noël, Nouvel An, Sarkozy, MEDEF
15.12.2007
Le colonel
Pourquoi ? Colonel vient de l’italien colonnello, lui-même issu de colonna, qui n’a rien à voir avec le folklore corse mais signifie tout simplement colonne d’armée.
Un colonel est un officier supérieur qui commande un régiment. Il en est d’ailleurs le père ou, plus familièrement, le colon.
Si vous croisez un colonel, vous le reconnaîtrez aisément : il porte toujours sur lui cinq galons. Mais attention ! si ceux-ci ne sont pas de la même couleur, vous avez affaire à un lieutenant-colonel, à savoir un officier qui « tient lieu » de colonel, bref, un presque colonel, qui ne manquera pas d’être colonel un jour. Patience et avancement font plus que force ou que rage…
À l’étranger, le colonel peut arborer d’autres attributs.
En Libye, par exemple, cinq infirmières bulgares et une tripotée d’amazones le caractérisent bien davantage que cinq galons et un régiment. Autre signe qui ne trompe pas : il pratique volontiers la dictature, voire le prosélytisme terroriste.

Pas toujours. Par exemple, quand un pays voit son pouvoir d’achat devenir aussi maigre qu’Ingrid Bétancourt, une dictature qui regorge de pétrole et de milliards n’est plus vraiment une dictature, mais un pays moderne qui avance sur la voie de la raison, sinon des Lumières. Il faut savoir adapter son point de vue sans dogmatisme.
C’est là que le grade de colonel prend toute sa superbe.
Il peut même se révéler plus important que celui de président de la République, c’est dire.
Avant, pour dix milliards, un président prenait quand même le temps de renifler la main avant de la serrer.
Maintenant, pour dix milliards, un président se met au garde-à-vous et se pare de moult bonnes sollicitudes.

Jacques Brel, Le colonel, 1958, extrait.
Mais non : un colonel, s’il est homme d’armée, n’en est pas moins pacifiste, parfois.
Un gras tapis rouge, une belle limousine de rappeur, deux cents meufs, une pelouse pour sa tente et une belle poignée de main, le poing levé vers le ciel, peuvent suffire amplement à son bonheur.
Mieux encore : il est des colonels qui s’intéressent aux droits de l’Homme, cette belle et fière tour, en principe imprenable, des grands principes universels de la France républicaine. Tour d’ivoire, tour de Babel aussi, car là aussi, le dialogue est souverain.

Chanson enfantine, La tour, prends garde, extrait.
Homme de guerre, homme de simplicité, homme de parole, un colonel, c’est également un homme de cœur.
Revenons à notre colonel libyen, dont l’amourette de vacances, l’été dernier, s’est ensuite évaporée dans la nature. Eh bien depuis, il est triste comme un sorbet sans vodka, le colonel…

Jacques Brel, Le colonel, 1958, extrait.
Bien sûr, à défaut de la belle, il reste son mari, qui nous dit :

Gaston Ouvrard, Mes tics, 1939, extrait ;
Nicolas Sarkozy, 10 décembre 2007, extraits.
Un colonel, on le voit, c’est à la fois très simple et très compliqué.
Père du régiment ou cas d’affiliation aux forces sombres de la planète, peu importe…
On ne va pas en faire tout un fromage, bien que le terme colonel désigne aussi le livarot, en référence au cerclage de cinq bandelettes qui permettent son maintien.
Et puis… il part bientôt, le colonel, après avoir signé tout plein de belles promesses de contrats... (dix milliards ! quand même, ça en fait des Rollex...)
Or, si les paroles s’envolent, les écrits restent.
Et c’est bien là l’essentiel, non ?
00:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : France, Mots, Politique, Colonel, Sarkozy, Kadhafi
07.12.2007
Tout va bien entre Sarkozy et Fillon
Visionnée près de deux millions de fois, urbi et orbi, elle ravit les âmes tendres et avides de ces gadgets si mignons que sont les chats. On en a proposé une traduction anglophone.
Mais pour nous, Français, qui peuvent-ils être, ces deux petits félins qui papotent au coin du drap ?
La réponse en version française, donc.
Elle confirme ce que nos Tic et Tac nationaux se tuent à nous expliquer depuis des mois : non, il ne faut pas écouter les vilaines rumeurs sur les rapports douloureux entre Nicolas Sarkozy et son Premier
Tout va bien. Très bien, même…
15:45 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Animaux, Politique, Sarkozy, Fillon, Gouvernement, Humour, Internet
05.12.2007
Gare à la dépression ! (5/5)
Il existe une maladie qui touche des millions de personnes en France.Une maladie qui peut vous empêcher de parler, de rire, de manger, de travailler, de dormir ou de vous lever le matin, une maladie qui peut vous empêcher de vivre.
Cette maladie, c’est la rigorose.
Pour mieux comprendre la rigorose, connaître les symptômes et les traitements, savoir à qui s’adresser et comment réagir, écoutez le clip ci-dessous. Vous y apprendrez que la rigorose est une maladie vraiment très morose.
Témoignage de Daniel (29 ans) et Éric (51 ans)

La rigorose en chiffres
La rigorose est l’une des maladies psychiques les plus répandues. Selon l’élection présidentielle de 2007 :
- 47 % des Français qui se sont exprimés (soit près de 17 millions de personnes) ont souffert d’une rigorose au cours des six derniers mois ;
- 53 % des Français qui se sont exprimés (soit près de 22 millions de personnes) souffriront d’une rigorose au cours des dix ans à venir.
La rigorose est une maladie qui semble toucher davantage les fonctionnaires : environ deux fois plus de fonctionnaires sont diagnostiqués comme souffrant de rigorose.
19:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Parodie, Musique, Politique, France, Sarkozy, Eric Woerth, Dépression
04.12.2007
Gare à la dépression ! (4/5)
Il existe une maladie qui touche des millions de personnes en France.Une maladie qui peut vous empêcher de parler, de rire, de manger, de travailler, de dormir ou de vous lever le matin, une maladie qui peut vous empêcher de vivre.
Pour mieux comprendre la super- sarkosite, connaître les symptômes et les traitements, savoir à qui s’adresser et comment réagir, écoutez le clip ci-dessous.
Vous y apprendrez que la supersarkosite est une maladie vraiment très très inquiétante.
Témoignage de Nadia (35 ans) et Nicolas (52 ans)

La supersarkosite est l’une des maladies psychiques les plus répandues. Selon l’élection présidentielle de 2007 :
- 47 % des Français qui se sont exprimés (soit près de 17 millions de personnes) ont souffert d’une supersarkosite au cours des six derniers mois ;
- 53 % des Français qui se sont exprimés (soit près de 22 millions de personnes) souffriront d’une supersarkosite au cours des dix ans à venir.
La supersarkosite est une maladie qui semble toucher davantage les gens de gauche : environ deux fois plus de gens de gauche sont diagnostiqués comme souffrant de supersarkosite.
18:19 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Parodie, Musique, Politique, France, Sarkozy, Dépression, UMP
Gare à la dépression ! (3/5)
Il existe une maladie qui touche des millions de personnes en France.Une maladie qui peut vous empêcher de parler, de rire, de manger, de travailler, de dormir ou de vous lever le matin, une maladie qui peut vous empêcher de vivre.
Pour mieux comprendre la grenellose, connaître les symptômes et les traitements, savoir à qui s’adresser et comment réagir, écoutez ce clip.
Témoignage de Jean-Marc et Jean-Louis.

La grenellose est une maladie qui peut vous toucher durement si vous êtes ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables mais que votre chef ne vous laisse rien faire ou presque.
00:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Parodie, Musique, Politique, France, Sarkozy, Grenelle, Borloo
29.11.2007
La violence Sarkozy
En répondant à la provocation douteuse sur le même ton et par le tutoiement, il se met à la hauteur de son insulteur et dégrade la valeur de sa fonction.
Il ne réagit plus comme président de la République. Il réagit en vulgum pecus, en individu qui répond à la violence par la violence. Oeil pour oeil, dent pour dent.
Un président de la République est le premier représentant de ses concitoyens.
Tout représentant doit avoir des qualités particulières qui justifient son rôle éminent. L’une de ces qualités essentielles, c’est la tenue.
La dignité présidentielle ne devrait pas souffrir des carences de l’homme qui « habite la fonction ».
21:25 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : France, Politique, Sarkozy, UMP, Démocratie, Vidéo, Humour


