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15.12.2007

Le colonel

Curiosité de la langue française : le mot colonel s’écrivait, avant 1544, avec deux n, de même que l’on écrit droits de l’Homme avec deux m. Colonnel, donc.
Pourquoi ? Colonel vient de l’italien colonnello, lui-même issu de colonna, qui n’a rien à voir avec le folklore corse mais signifie tout simplement colonne d’armée.

Un colonel est un officier supérieur qui commande un régiment. Il en est d’ailleurs le père ou, plus familièrement, le colon.

Si vous croisez un colonel, vous le reconnaîtrez aisément : il porte toujours sur lui cinq galons. Mais attention ! si ceux-ci ne sont pas de la même couleur, vous avez affaire à un lieutenant-colonel, à savoir un officier qui « tient lieu » de colonel, bref, un presque colonel, qui ne manquera pas d’être colonel un jour. Patience et avancement font plus que force ou que rage…

À l’étranger, le colonel peut arborer d’autres attributs.
En Libye, par exemple, cinq infirmières bulgares et une tripotée d’amazones le caractérisent bien davantage que cinq galons et un régiment. Autre signe qui ne trompe pas : il pratique volontiers la dictature, voire le prosélytisme terroriste.

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La dictature, le terrorisme, tout ça, c’est très vilain, direz-vous.

Pas toujours. Par exemple, quand un pays voit son pouvoir d’achat devenir aussi maigre qu’Ingrid Bétancourt, une dictature qui regorge de pétrole et de milliards n’est plus vraiment une dictature, mais un pays moderne qui avance sur la voie de la raison, sinon des Lumières. Il faut savoir adapter son point de vue sans dogmatisme.

C’est là que le grade de colonel prend toute sa superbe.
Il peut même se révéler plus important que celui de président de la République, c’est dire.

Avant, pour dix milliards, un président prenait quand même le temps de renifler la main avant de la serrer.
Maintenant, pour dix milliards, un président se met au garde-à-vous et se pare de moult bonnes sollicitudes.

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Jacques Brel, Le colonel, 1958, extrait.


Mais non : un colonel, s’il est homme d’armée, n’en est pas moins pacifiste, parfois.

Un gras tapis rouge, une belle limousine de rappeur, deux cents meufs, une pelouse pour sa tente et une belle poignée de main, le poing levé vers le ciel, peuvent suffire amplement à son bonheur.

Mieux encore : il est des colonels qui s’intéressent aux droits de l’Homme, cette belle et fière tour, en principe imprenable, des grands principes universels de la France républicaine. Tour d’ivoire, tour de Babel aussi, car là aussi, le dialogue est souverain.

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Chanson enfantine, La tour, prends garde, extrait.


Homme de guerre, homme de simplicité, homme de parole, un colonel, c’est également un homme de cœur.

Revenons à notre colonel libyen, dont l’amourette de vacances, l’été dernier, s’est ensuite évaporée dans la nature. Eh bien depuis, il est triste comme un sorbet sans vodka, le colonel…

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Jacques Brel, Le colonel, 1958, extrait.


Bien sûr, à défaut de la belle, il reste son mari, qui nous dit :

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Gaston Ouvrard, Mes tics, 1939, extrait ;
Nicolas Sarkozy, 10 décembre 2007, extraits.



Un colonel, on le voit, c’est à la fois très simple et très compliqué.

Père du régiment ou cas d’affiliation aux forces sombres de la planète, peu importe…

On ne va pas en faire tout un fromage, bien que le terme colonel désigne aussi le livarot, en référence au cerclage de cinq bandelettes qui permettent son maintien.

Et puis… il part bientôt, le colonel, après avoir signé tout plein de belles promesses de contrats... (dix milliards ! quand même, ça en fait des Rollex...)

Or, si les paroles s’envolent, les écrits restent.

Et c’est bien là l’essentiel, non ?

00:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : France, Mots, Politique, Colonel, Sarkozy, Kadhafi

Commentaires

Les écrits restent, mais une fois la caravane passée, le feuilleton continue : dans le nouvel épisode palpitant du pathétique "storytelling" concocté par Nicolas Fouquet's et son équipe, qui donc joue le rôle du Mac Guffin ? l'ex top model clone de Cécilia ou Euro Mickey?

Ecrit par : Colimar | 17.12.2007

Carla, c'est pour lui une nouvelle façon de débaucher à gauche...

Ben quoi, elle était bien avec Laurent Fabius à une époque, non ? Et Mick Jagger, il est pas de gauche ??
Mais Raphaël Enthoven, oui, quand même... Et Jean-Paul Enthoven aussi, non ? Et Vincent Pérez ?
Bon, avec Arno Klarsfeld, elle avait déjà fait un premier faux pas.

La prochaine étape du petit frère des riches, c'est Ségo à mon avis. Mais c'est pas gagné...

Ecrit par : Ariane | 18.12.2007

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