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28.06.2007

Sombre dimanche (3/4)

Épisodes précédents : 1/42/4


Radio Budapest censure, mais la mélodie du suicide émigre.

medium_Damia.jpeg En France, Jean Marèze et François-Eugène Gonda écrivent une adaptation intitulée Sombre dimanche, qui est enregistrée le 28 février 1936 par Damia, la grande tragédienne de la chanson réaliste.


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Sombre dimanche…
Les bras tout chargés de fleurs
Je suis entré dans notre chambre le cœur las
Car je savais déjà que tu ne viendrais pas
Et j'ai chanté des mots d'amour et de douleur
Je suis resté tout seul et j'ai pleuré tout bas
En écoutant hurler la plainte des frimas.
Sombre dimanche...


Je mourrai un dimanche où j'aurai trop souffert
Alors tu reviendras, mais je serai parti
Des cierges brûleront comme un ardent espoir
Et pour toi, sans effort, mes yeux seront ouverts
N'aie pas peur, mon amour, s'ils ne peuvent te voir
Ils te diront que je t'aimais plus que ma vie.
Sombre dimanche...

N'aie pas peur de mes yeux s'ils ne peuvent te voir
Ils te diront que je t'aimais plus que ma vie.
Sombre dimanche…



Le texte est également traduit et interprété en anglais, en allemand, en espagnol, etc.

[La version argentine enregistrée par Agustín Magaldi en 1936 vaut le détour...
Attention, dépressifs s'abstenir !]


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Et la série noire continue. À Berlin, un jeune homme écoute un orchestre jouer Sombre dimanche, puis rentre chez lui et se plaint à ses proches de cette mélodie sinistre et obsédante. Il sombre dans la dépression et se tire une balle dans la tête.

Une semaine plus tard, dans la même ville, une vendeuse se pend chez elle. La police trouve à ses pieds une copie de Sombre dimanche.

À Rome, un adolescent passe à vélo à côté d’un mendiant qui fredonne Sombre dimanche. Il s’arrête, pose sa bicyclette contre un mur, donne au mendiant l’argent qu’il a sur lui et se noie dans le Tibre en sautant du pont le plus proche…

En France, Jean Marèze – l’un des traducteurs de Szomorú vasárnap en français – se suicide en 1942.

Mais c’est la version américaine, Gloomy Sunday, qui va assurer la fortune de Szomorú vasárnap.

Ou plutôt les versions américaines.

La première, écrite par Sam M. Lewis, colle à l’original.


Sunday is gloomy / My hours are slumberless / Dearest the shadows / I live with are numberless / Little white flowers / Will never awaken you / Not where the black coach / Of sorrow has taken you / Angels have no thoughts / Of ever returning you / Would they be angry / If I thought of joining you ? / Gloomy Sunday...

Gloomy is Sunday / With shadows I spend it all / My heart and I / Have decided to end it all / Soon there'll be candles / And prayers that are said I know / Let them not weep / Let them know that I'm glad to go / Death is no dream / For in death I'm caressing you / With the last breath of my soul / I'll be blessing you / Gloomy Sunday...



La deuxième naît en 1941.

À suivre

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26.06.2007

Le mois de Junon

Liquidé, mai 2007 : nous voici maintenant dans le beau mois de juin. Profitons-en, il n’y en a plus pour longtemps.

Le mois de juin est le sixième mois de l’année civile et chrétienne telle que nous la connaissons depuis Jules César. Pour info, nous en sommes à la 2007e année après J.-C., qui est aussi la troisième année AUC (ab UMP condita) et la première de l’ère Sarkozy.

Juin vient du latin junius.

Pourquoi ?

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Musique d’ambiance : Marin Marais, Alcione, 3e suite, Prélude pour les prêtresses de Junon, 1706.


Trois hypothèses circulent dans les milieux autorisés.

1) Ce serait le mois consacré à Junius Brutus, Premier consul de Rome. Facile. Un peu court. Passons.

2) D’aucuns prétendent que « juin » ne vient pas de Junius mais de Juniores, « les jeunes ». Sans doute parce que le beau temps et les premières chaleurs poussent les jeunes à sortir dehors pour buller aux terrasses des cafés et courir les filles des villes ou des champs, selon que lesdits jeunes habitent en milieu urbain ou bien à la campagne. La vieillesse est un naufrage qui lénifie les ardeurs amoureuses.

3) D’autres, enfin, et il semble bien qu’ils aient raison, attribuent le mois de juin à la célèbre déesse Junon.

acc5dd523e1be55839ed6e341c7b9651.jpg Reine des dieux et du ciel, Junon est une déesse particulièrement importante et très prestigieuse.

Plus encore que Cécilia Sarkozy, c’est dire.

Déesse du mariage et de la fécondité, elle s’est mariée avec Jupiter qui, pour être le dieu des dieux, n’en était pas moins un galant galopin qui troussait à peu près tout ce que le mont Olympe comptait de junon jupons. Cérès, Dioné, Maïa, Latone, Eurynomé, Danaé, Sémélé, Alcmène, Léda, Io… Toutes ont connu les avances triviales du Grand Jovial…

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Jacques Higelin : Queue de paon, 2006, extrait.


Si vous croisez Junon, vous la reconnaîtrez aisément : elle se promène presque toujours portant dans la main gauche une grenade – pour se venger des incartades de son mari – et dans la main droite un sceptre, au haut duquel perche un coucou – le célèbre volatile qui, tel Jupiter, squatte la couche des autres.

Aussi, quand Jupiter rentrait à deux heures du mat’ à la maison et saluait sa femme, mine de rien…

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Michel Polnareff, Coucou me revoilou, 1978, extrait.


… Junon manquait rarement, armée de son coucou à pâtisserie bien à elle, de lui signifier son vif mécontentement, assorti de menaces métamorphiques.

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Anne Sylvestre, Coucou coucou, 2005, extraits mixés avec une sonnerie de coucou (Radio France, Sonothèque)


On la voit aussi souvent accompagnée d’un paon, symbole de virilité chez Jupiter, comme nous l’avons vu, mais, chez Junon, de jalousie, de suspicion, d’orgueil et de vanité. Junon est bien la déesse des femmes. Malheureuse en amour, peut-être, mais aussi sévère matrone qui ne devait pas être commode tous les jours ! avec, faut-il le rappeler, une grenade dans la main gauche.

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Radio France, Sonothèque, Grenade offensive, extrait.


Mais… revenons à nous coucous, paons et autres oiseaux de nos contrées à la douceur plus angevine que les foudres olympiennes…

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Musique d’ambiance : Louis-Claude Daquin, Le coucou, 1735.


Le coucou est un oiseau très discret.

c9e0a82240711cbfaa83990998f1b25e.jpg Tapi au fond des bois, il est néanmoins sociable avec ses congénères, notamment du sexe féminin, qu’il appelle le mois de mai durant. L’appel du coucou nous est familier et agréable, puisqu’il annonce le printemps :

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Radio France, Sonothèque, Coucou, extrait.


a68cb38a2bd4a27480f23a8aca1fc922.jpg Le paon se trouve plus facilement dans les zoos et les jardins. Son appel est des plus disgracieux et a lieu toute l’année. Le paon est une chaudasse.



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Maurice Ravel, Histoires naturelles, Le paon, 1906, texte de Jules Renard, extrait.


Le mois de juin est caractérisé par l’appel d’une autre espèce, appelée « général de Gaulle ».

L’appel du général de Gaulle retentit traditionnellement le 18 du mois, de préférence sur les ondes de la BBC :

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Charles de Gaulle / Radio Londres, Appel à la résistance, juin 1940, extraits mixés avec des sons de Radio Londres et un bref extrait des Scissor Sisters (Filthy Gorgeous, 2004)


7a0474cf2f1e6c8114684148a791679b.jpg Le but de cet appel n’est pas, malgré les apparences, de trouver un partenaire sexuel, mais de provoquer le jour le plus long, qui, ça tombe bien, intervient le 21 juin, jour du solstice d’été.

Pour fêter cet événement, les blousons noirs de France et de Navarre sortent leurs guitares électriques, assourdissent les braves gens de sons discordants extrêmement désagréables et s’enivrent de bière bon marché, sous le perfide prétexte que c’est la fête de la musique, avec…

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Laurent Gerra / RTL, Le grand junon juron du 21 juin, 2007, extrait.


696e53b5d6b0645204c63986acaa81b0.jpg Le gentilhomme, lui, file à Saint-Tropez pour échapper au vacarme et siroter tranquillement une grenadine sur le port en matant les filles.





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Conclusion : Brigitte Bardot, Do you Saint-Tropez, 1968.

20:50 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Chronique, Humour, Musique, Chanson, Animaux, Sarkozy, Histoire

23.06.2007

Sombre dimanche (2/4)

Épisode précédent : 1/4

Enfin ! c’est le succès et Rezsö Seress voit son mérite pleinement récompensé. Rezsö entreprend de relancer Dorottya, qui, entre-temps, s’est cassée à New York : apprenant sa réussite, elle va revenir, c’est sûr !

Il lui écrit (« J’ai changé ! ») et la réconciliation s’annonce favorable. Puis il lui envoie sa chanson. D’une pierre deux coups. Non seulement il lui prouve qu’il a un bon programme, mais en plus, il lui fait bien sentir combien elle l’a fait souffrir, ce qui n’est pas gentil et mérite bien quelque repentance.

Cette repentance prend la forme d’une haine de soi et va au-delà de ses attentes.

Rezsö apprend en effet  par la police que sa bien-aimée s’est donné la mort en avalant une forte dose de poison. À côté d’elle est retrouvée la partition de Szomorú vasárnap.

medium_Budapest.jpgQuelques jours plus tard, un cordonnier de Budapest, Joseph Keller, est retrouvé mort dans sa boutique. La police conclut à un suicide et remarque un détail curieux : juste avant de commettre le péché mortel, Keller a recopié sur une feuille de papier les paroles de Szomorú vasárnap, qu’il venait sans doute d’entendre à la radio.

Toujours à Budapest, un homme élégant entre dans un cabaret et demande à l’orchestre de jouer le nouveau tube à la mode. Les musiciens s’exécutent, puis l’homme sort et s’exécute lui aussi, d’une balle dans la tête. Ailleurs, deux jeunes hommes écoutent un orchestre jouer Szomorú vasárnap. Après quoi ils sortent deux flingues et s’envoient illico au club Saint-Pierre.

En tout, plus de quinze personnes se donnent la mort avec la chanson de Seress.

Certains se jettent dans le Danube en serrant dans leur main les paroles de la chanson ; d’autres sont retrouvés chez eux, gisant sans vie à côté de leur radio ou de leur gramophone. Des pianistes se tuent après avoir posé la partition maudite sur leur pupitre. Beaucoup mentionnent Szomorú vasárnap dans leur dernière lettre.

Hongrois rêver, mais c’est plutôt d’un cauchemar qu’il s’agit. D’ailleurs, hongrie au scandale et la radio de Budapest ne tarde pas à bannir des ondes la mélodie que tous appellent désormais "la chanson qui tue les gens".
La censure est radicale, franche et décomplexée.

medium_Journal.jpg

Alors… cette chanson est-elle maudite ? incite-t-elle ceux qui l’écoutent à se donner la mort ?

C’est un peu plus compliqué que cela. En effet, il faut tenir compte de la place du suicide dans l’identité hongroise, parfaite illustration de la théorie des climats de Montesquieu – qui est aussi à l’origine de la théorie de la séparation des pouvoirs mais ça, c’est une autre histoire, archaïque et dépassée…
Même l’OMS le dit : les Hongrois sont caractérisés par leur pessimisme, leur déprime, leur glauque attitude ; le suicide est, pour eux, un véritable sport national.

Explication.

Dans l’inconscient collectif hongrois, le suicide est, paraît-il, perçu comme une solution positive et respectable au problème de l’existence. Il est même considéré comme un acte courageux, audacieux, voire héroïque. Une manière de restaurer sa dignité quand on estime l’avoir perdue.
L’exemple vient de très haut : nombre d’hommes politiques, de comédiens et d’écrivains finissent leur carrière ainsi. Faut dire que ça a plus de gueule que de faire de la pub pour Polident ou Norwich Union…

medium_Danube.JPGCôté technique, on connaît, bien sûr, la défenestration, grande spécialité des pays de l’Est ; mais l’ingestion de pesticides, la pendaison, le plongeon ultime dans les eaux glacées du beau Danube bleu se défendent plutôt bien. Toutes les méthodes sont bonnes pour liquider le malaise.

Alors, dans ces années 1930 qui, avec la crise, ne sont pas parmi les plus florissantes du XXe siècle, quatre mille cinq cents Hongrois s’évaporent, bon an mal an, surtout dans les villages – certaines bourgades du Sud sont surnommées « les villages du suicides ».

Alors, le suicide, une tare génétique ? ou un « nouveau rêve » hongrois ?

Que nenni ! une pratique culturelle, puisqu’il suffit d’un catalyseur comme Szomorú vasárnap pour s’y livrer, à corps perdu ; une pratique culturelle, donc, ancrée dans l’identité nationale hongroise.

À suivre…

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18.06.2007

Sombre dimanche (1/4)

Connaissez-vous Sombre dimanche, la chanson interdite à Budapest, la chanson qui tue les gens ?

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À Budapest, en ce début de l’an 1933, le fond de l’air est frais.

medium_SDRezsoSeress.jpg Mais Rezsö Seress, 34 ans, a d’autres soucis. C’est un artiste et son vœu le plus cher est de devenir chansonnier. Il pianote, il écrit, mais personne ne veut de ses créations et c’est la dèche. Côté cœur, c’est pas la joie non plus. Dorottya, sa caille (rhâââ...), au lieu d’encourager amoureusement sa fibre artistique, le tourmente jour et nuit pour qu’il prenne un vrai boulot, qu’il travaille plus pour gagner plus, qu’il finance la tourniquette à vinaigrette, le pistolet à gaufres, l’armoire à cuillères… bref, tous les ustensiles qui transforment un piètre logis en foyer du bonheur.
 
Rezsö n’est pas d’accord avec Dorottya. Dorottya n’est pas d’accord avec Rezsö. Tous les ingrédients d’une bonne dispute sont réunis et, justement, par un dimanche hongrois et merdique à souhait, les deux tourtereaux se volent dans les plumes et se séparent en se traitant de « connards ».


Morose comme une baisse du CAC 40, Rezsö se rend au restaurant Kispipa – où il a ses habitudes - et s’assied au piano. Machinalement, ses mains commencent à improviser une mélodie mélancolique, à la mesure de cette putain de dépression qui le grignote lentement mais sûrement.

medium_SDKispipa.jpg « Quel sombre dimanche… », se dit-il. Englué dans cette sordide mais fertile inspiration, il rentre chez lui, griffonne la mélodie qu’il vient de jouer au dos d’une vieille carte postale et va la porter à son ami Jávor László qui, en moins de temps qu’il n’en faut pour clouer un cercueil, lui pond de jolies paroles.

Szomorú vasárnap / Száz fehér virággal / Vártalak kedvesem / Templomi imával. / Álmokat kergetõ / Vasárnap délelõtt, / Bánatom hintaja / Nélküled visszajött. / Azóta szomorú / Mindig a vasárnap, / Könny csak az italom, / Kenyerem a bánat. / Szomorú vasárnap…

Utolsó vasárnap / Kedvesem gyere el, / Pap is lesz, koporsó, / Ravatal, gyászlepel. / Akkor is virág vár, / Virág és - koporsó. / Virágos fák alatt / Utam az utolsó. / Nyitva lesz szemem, hogy / Még egyszer lássalak. / Ne féj a szememtõl, / Holtan is áldalak... / Utolsó vasárnap…



Ce qui signifie à peu près ceci.

C’est l’automne, les feuilles tombent. Il n’y a plus d’amour sur terre, le vent hurle et verse de tristes larmes, mon cœur n’attendra plus le printemps. Mes larmes, mes chagrins sont vains, les gens sont sans cœur, aigris et cruels.
L’amour est mort.


Le monde court à sa perte, l’espoir n’a plus de sens. Les villes disparaissent sous la musique des canons, les prairies sont rouges du sang des hommes, les rues se couvrent de cadavres, c’est l’heure de ma dernière prière. Les hommes, Seigneur, sont des pécheurs et font tant d’erreurs.
Le monde est mort…



Tout fier de lui, Rezsö adresse sa chanson à une maison d’édition. Cette fois-ci, c’est sûr, on va le publier !

Quelques jours plus tard…

La partition lui est retournée, accompagnée de cet aimable billet.

Cher Monsieur – Nous avons bien reçu votre chanson Szomorú vasárnap et l’avons étudiée avec intérêt – Vous nous dites qu’elle est triste ; nous dirions plutôt qu’elle sue la détresse – Faut être encarté UMP pour aimer ça – Veuillez recevoir, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

Mais quels cons ! Ces gens-là n’ont-ils donc aucun goût ?

Rezsö, pugnace et tenace, fait jouer la concurrence – il y a toujours un fond d'ultra-libéralisme chez les Hongrois – et trouve un éditeur qui accepte de le publier.

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Une semaine plus tard, Szomorú vasárnap fait un tabac sur les ondes de Budapest.

 

À suivre… 

 

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